DIGNE LES BAINS


Les racines de Digne se perdent dans la nuit des temps.Dès que les hommes du néolithique furent passés du stade de la cueillette à ceux de l'agriculture et de l'élevage, on peut penser,

selon toute probabilité, que chaque été d'énormes troupeaux quittaient la basse Provence surchauffée pour les frais alpages des montagnes.

Située au carrefour de trois vallées, Digne, "Dinia", marquait une étape quasi-obligée sur la longue route des plaines aux Alpes, non seulement route des troupeaux, mais aussi du sel.

Une bourgade naquit, au gué succéda un pont, souvent détruit mais toujours reconstruit. Doucement, Dinia entre dans l'histoire, et Pline le jeune en fait la capitale des Bodiontici (ou Brondiontii), peuplade soumise par Auguste en 14 avant JC et dont le nom figure sur le trophée de la Turbie

Devenue romaine, Dinia connut un développement nouveau. On sait l'attention des romains pour les voies de communication, Dinia ne pouvait qu'en profiter. Nous ne connaissons pas de manière certaine le (ou les) sites successifs de la ville,

mais elle se trouvait selon toute probabilité dans la vallée du Mardaric,aux alentours de Notre Dame du Bourg.On trouve d'ailleurs au Musée,Les pierres milliaires de la voie romaine Castellane Sisteron et une inscription sur bronze découverte à Thoard. Une première église fut sans doute construite, remplacée plus tard par l'actuelle cathédrale du bourg qui recèle en ses murs un remarquable autel de marbre

et des châpiteaux mérovingiens,en marbre également, réemployés dans le clocher.Le règne de Charlemagne apporte à l'ensemble du pays une ère de paix engendrant un renouveau d'activités. La tradition attribua longtemps au grand empereur la construction de notre Dame.

La dislocation de l'empire carolingien marque le début d'une nouvelle période d'insécurité.Solidement implantés dans le massif des Maures, les Sarrasins font de fréquentes incursions en Haute Provence et Digne n'échappe pas à la règle.

Le bourg autour de sa cathédrale s'entoure de fortifications dont un pan de mur demeure le seul vestige. Trois portes ferment la cité, la porte de Savines, celle de Notre Dame La Belle et enfin la porte Laurence, depuis longtemps disparues, mais dont on retrouve les noms dans celui des rues d'un lotissement.

On connaît très exactement le tracé de ce système défensif grâce à "la Notice sur Église" écrite par Pierre Gassendi en 1654.

Les évêques de Digne firent en outre construire un château fort fin XIème début XIIème sur les fondations duquel se dresse aujourd'hui la prison Saint Charles. Autour de ce château une agglomération se développe "la Cité" correspondant en gros àl'actuelle vieille ville. Le tracé des fortifications est bien visible sur le plan de la ville.

Bénéficiant d'une défense sure, la cité supplante le Bourg qui conserve cependant sa cathédrale, reconstruite au XIIIème et autour de laquelle se déroulaient foires et marchés.Antoine de Guiramand, évêque, fit commencer les travaux de l'église Saint Jérôme en 1490, ils furent achevés dix ans plus tard.

Le clocher qui lui est adossé est flanqué d'une tour quadrangulaire marquant de loin la vieille ville, corseté dans son enceinte qui abrite le quartier du Rock, le Trou du Four, la montée Saint Charles ou encore la rue du Figuier et ses caves voûtées superposées dont il reste de beaux vestiges.

Ville féodale sous la juridiction de ses évêques, la cité de Digne devient chef lieu de bailliage en 1237 sous la domination de Charles 1er d'Anjou.

Son organisation municipale, cominalat, puis consulat mérite d'être mentionnée.

Août 1944: la ville est durement touchée par un bombardement mais guérira assez vite de ses blessures. Elle retrouve un visage avenant et continue son expansion vers les Arches et la rive droite de la Bléone. Sa population atteint alors 16 776 habitants. Les immeubles neufs sortent de terre, certains abritent les services publics, Le Mardaric, le torrent des Eaux Chaudes, deviennent des quartiers avenants avec des jardins dans leur partie urbaine. Des installations sportives y sont aménagées : jeux de boules, piscine, tennis, camping, stade.C'est l'époque de la construction du Palais des Congrès, toutes ses réalisations se faisant à la faveur de la création de nouvelles voies.

L'effort de réhabilitation et de modernisation va perdurant, on crée la gare routière, on aménage la place du Tampinet, les rues piétonnes, on rénove la vieille ville, on installe les services municipaux. L'établissement thermal se développe et constitue encore aujourd'hui un des fleurons de la ville, en 1982 on inaugure le pont Beau de Rochas, Digne se dote de beaux atouts, la prospérité commerciale et touristique est servie par la Route Napoléon et l'axe ferroviaire Genève Nice, la région est fréquentée: autant de conditions qui font qu'aux dignois d'origine viennent s'ajouter les dignois d'adoption, séduits par la pureté du ciel, l'excellence du climat et de ce, qui dans le monde devient de plus en plus rare: une certaine qualité de vie.