GASSENDI


 

 

Gassendi partisan des « atomes » et du « vide » s'oppose à Descartes:

 

 

 Très jeune, GASSENDI avait été séduit par la cosmogonie de DEMOCRITE (460-370) qui imaginait un monde comprenant un nombre infini d'atomes tous semblables, en mouvement permanent dans un espace infini et vide, qui aboutissait à la naissance et à la mort d'un nombre infini de mondes. Cette théorie très moderne avait été abandonnée depuis DEMOCRITE, ÉPICURE (341-270) et LUCRECE (98-55). GASSENDI « trouvait cette philosophie d'Épicure plus conforme à la raison que celle d'Aristote ; il l'embrassa et vengea Epicure de l'insulte qu'on lui avait faite ». Dans son histoire des mathématiques écrite au XVIIIe siècle, MONTUCLA précise : « Tout le monde sçait que Gassendi travailla à relever de ses cendres la Philosophie Epicurienne, non cette Philosophie impie qui attribue au hazard l'origine de l'Univers & de tous les êtres, mais cette Philosophie qui admet les atômes, le vide, […] & dont plusieurs dogmes paroissent assez conformes à ceux de la Physique moderne. » GASSENDI avait en effet « l'esprit trop juste pour goûter toutes les extravagances dont les disciples d'Aristote avaient surchargé la philosophie ; il démontra la vanité, le ridicule de presque toutes les idées péripatéticiennes ». Ce livre soulève la colère des partisans d'ARISTOTE et, devant la virulence de ces attaques, GASSENDI décide de le retirer. Les interventions de PEIRESC en sa faveur calment les esprits. GASSENDI évite dès lors toute critique directe contre la doctrine d'Aristote. Mais l'opposition que DESCARTES manifeste alors à son égard laisse des traces profondes.Bien d'autres points , d'ailleurs, opposent GASSENDI à DESCARTES. GASSENDI a le sens de l'expérience directe et des diversités humaines alors que DESCARTES croit à la méditation solitaire. GASSENDI s'appuie sur une érudition historique, DESCARTES ignore le passé. GASSENDI fait toujours preuve d'un scepticisme curieux alors que DESCARTES a des certitudes sur tout. GASSENDI s'appuie sur des faits d'observation et sur une physique qualitative, DESCARTES a une vision mathématique et mécanique de l'Univers. GASSENDI croit aux atomes et au vide, DESCARTES n'y croit pas. Pour DESCARTES l'animal, le chien par exemple, n'est qu'un mécanisme osseux, musculaire, digestif, etc. Pour GASSENDI le chien a une « petite âme », mais pas aussi grande que celle des hommes.

En cette fin de XXe siècle, on voit que l'approche scientifique de GASSENDI était particulièrement moderne et que la réputation de DESCARTES a été surestimée en France et même idéalisée à travers le mot cartésianisme. MALEBRANCHE, qui sut extraire le meilleur de l'œuvre de DESCARTES, contribua à cette glorification. Aujourd'hui, les mots hasard ! nécessité ! chaos ! incertitude ! vie ! mort ! ont pénétré le langage scientifique. Le mécanisme a vécu.

 

  

La Mort de Gassendi:

 

  

L'historien des sciences Pierre HUMBERT rapporte la mort de GASSENDI, personnalité influente qui subit l'acharnement thérapeutique de son époque : « Gassendi fut soigné par sept médecins, des plus fameux, et une nuée d'apothicaires. Il subit douze saignées, sept purges et vingt-deux lavements après quoi il s'éteignit le 24 octobre 1655. » GASSENDI avait été le précepteur de Molière. Ce dernier, témoin des traitements infligés à son ancien maître, ne manqua pas de pourfendre les médecins de cette époque. GASSENDI fut enterré à Saint-Nicolas-des-Champs à Paris47.

 

 

 

Références bibliographiquesYvon GEORGELIN et Simone ARZANO